La tradition des csikós, consistant à se tenir debout à califourchon sur cinq chevaux au galop, en les contrôlant avec une seule rêne dans chaque main, est née non pas comme un spectacle mais comme une nécessité dans les vastes prairies de la Puszta, où les bergers devaient déplacer le bétail rapidement sur un terrain sans routes qui s'étendait sans interruption jusqu'à l'horizon. Au XVIIIe siècle, ces cavaliers hongrois avaient transformé leur équitation en un métier discipliné, et au milieu du XXe siècle, les ranchs de la Grande Plaine ont commencé à organiser des démonstrations formelles pour les visiteurs arrivant de Budapest et de Vienne. Ce qui était une technique de travail est devenu une performance organisée, préservant des compétences que l'agriculture mécanisée rendait obsolètes.
Aujourd'hui, les billets pour le spectacle équestre Puszta donnent accès à une célébration chorégraphiée de cet héritage, réalisée quotidiennement dans des lieux comme le Lázár Lovaspark à Domonyvölgy, où des cavaliers en costumes traditionnels exécutent du tir à l'arc à cheval, des démonstrations de fouet et la conduite à cinq, qui reste l'acte le plus techniquement exigeant de la discipline. Les spectacles se déroulent dans des arènes en plein air entourées de bosquets d'acacias, avec une narration en hongrois, anglais et allemand expliquant le but historique de chaque manœuvre. Les chevaux eux-mêmes — les races Nonius, Furioso-North Star et Gidran, développées dans les haras hongrois — possèdent des lignées raffinées depuis deux siècles pour l'endurance et la réactivité dans les plaines.
Les programmes d'une heure intègrent des éléments folkloriques : processions de calèches, essais de troupeaux de chiens de berger et apparitions occasionnelles de moutons racka avec leurs cornes en spirale distinctives. Contrairement aux ballets équestres stylisés d'Europe occidentale, le format Puszta met l'accent sur l'utilité plutôt que sur l'élégance, chaque tour étant enraciné dans une véritable tâche d'élevage. Le claquement de fouet, par exemple, était le signal longue distance du berger sur terrain ouvert, audible à un demi-kilomètre. Les visiteurs réservant des forfaits de billets pour le spectacle équestre Puszta combinent souvent la performance avec un déjeuner gulyás traditionnel servi dans une csárda, ces auberges rustiques qui ponctuaient autrefois les routes de caravanes à travers la plaine.
La tradition équestre survit en partie parce que les prairies restantes de Hongrie — aujourd'hui protégées en tant que parcs nationaux de Hortobágy et Kiskunság — supportent encore un pâturage limité, et en partie parce que les performances elles-mêmes sont devenues un patrimoine culturel économiquement viable. Les cavaliers csikós qui se produisent à Lázár et dans des lieux similaires s'entraînent pendant des années, en apprentissage auprès de cavaliers plus âgés qui ont appris le métier avant la collectivisation. Le résultat n'est pas un folklore figé dans l'ambre, mais une discipline vivante, adaptée au XXIe siècle tout en restant reconnaissable comme le travail de la Grande Plaine.